Agriculture : Comprendre la continuité du conventionnel au régénératif
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Des systèmes fortement dépendants des intrants aux approches axées sur la restauration des écosystèmes, chaque méthode agricole influence la santé des sols, la biodiversité, la résilience climatique et la productivité à long terme de différentes manières.
Cet article explore les principales approches agricoles qui s’inscrivent dans cette continuité et fournit des exemples simples et concrets illustrant comment les exploitations agricoles peuvent évoluer vers des pratiques plus durables et respectueuses de la nature.
Les 6 principaux types d’agriculture, du moins durable au plus durable
1. Agriculture conventionnelle ou industrielle
L’agriculture conventionnelle1 privilégie la maximisation des rendements à court terme et l’efficacité économique en recourant à des niveaux élevés de fertilisants synthétiques, de pesticides, de mécanisation, de monocultures et de labour intensif (labourage fréquent ou profond du sol).
Elle repose essentiellement sur l’utilisation externe de produits chimiques afin d’obtenir des rendements élevés et prévisibles sur de vastes superficies.
Bien que ce système ait soutenu la production alimentaire mondiale, il dégrade souvent la santé des sols, réduit la biodiversité et contribue de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre par le moyen de pratiques énergivores.2
Comment évoluer vers des pratiques plus durables? En testant et en surveillant régulièrement le sol, les agriculteurs peuvent identifier les carences en nutriments, réduire l’utilisation inutile de fertilisants, diminuer les coûts et améliorer la santé et la productivité du sol à long terme.
1 – final_position-paper_regenerative-agriculture_v3-final.pdf
2 – Synergistic conservation approaches for nurturing soil, food security and human health towards sustainable development goals – ScienceDirect
2. Agriculture conventionnelle améliorée ou basée sur l’efficacité
Les systèmes basés sur l’efficacité dépendent encore fortement des intrants externes, mais mettent l’accent sur les gains d’efficacité. Les pratiques comprennent la fertilisation de précision, l’application ciblée de pesticides et l’amélioration de l’irrigation, afin de réduire les déchets et les coûts sans modifier fondamentalement le système.
Elle permet de réduire l’utilisation d’intrants et les dommages environnementaux par rapport aux méthodes conventionnelles. Cependant, la dépendance sous-jacente aux produits synthétiques persiste, et les problèmes systémiques liés aux sols et à la biodiversité restent largement négligés.
Comment évoluer vers des pratiques plus durables? En n’appliquant des pesticides qu’aux endroits et au moment où les ravageurs sont présents, les agriculteurs peuvent réduire leur utilisation de produits chimiques, protéger les insectes utiles, réduire leurs coûts et maintenir des rendements stables.
3. Agriculture Durable
Ce système améliore généralement la qualité des sols et réduit la pollution, mais il ne transforme pas l’ensemble du système, car il dépend toujours de certains intrants externes.
Comment évoluer vers des pratiques plus durables? En introduisant de petits éléments agroforestiers, tels que des arbres ou des arbustes dans les champs, les agriculteurs peuvent améliorer la structure du sol, renforcer la biodiversité, favoriser les pollinisateurs et gérer l’eau et les nutriments de manière plus naturelle.
4. Agriculture agroécologique
Les systèmes agroécologiques présentent souvent une résilience plus élevée, une meilleure santé des sols, une biodiversité accrue et une dépendance réduite aux intrants externes par rapport aux systèmes conventionnels ou durables courants.
Comment évoluer vers des pratiques plus durables? En cultivant des polycultures, les agriculteurs peuvent réduire naturellement la pression des ravageurs, améliorer le cycle des nutriments et stabiliser les rendements grâce à une plus grande diversité biologique.
5. Agriculture biologique
L’agriculture biologique améliore généralement la biodiversité et réduit la pollution par rapport aux systèmes conventionnels. Cependant, les résultats dépendent des choix de gestion, car le labour mécanique et les intrants organiques externes sont encore couramment utilisés.
Comment évoluer vers des pratiques plus durables? En plantant des cultures de couverture hors saison, les agriculteurs protègent les sols contre l’érosion, augmentent la matière organique, limitent les mauvaises herbes et améliorent la fertilité des sols pour les cultures futures.
6. Agriculture régénérative
Bien que les définitions varient, les pratiques régénératrices7 rejoignent souvent les méthodes agroécologiques et biologiques, mais mettent explicitement l’accent sur les résultats pour l’écosystème, la séquestration du carbone dans le sol, la restauration de la biodiversité et la résilience à long terme.
Regenerative agriculture : credits lailieeeee
Comment évoluer vers des pratiques plus durables? En adoptant des pratiques sans labour, les agriculteurs évitent de retourner la terre. Cela permet de préserver la structure du sol, de protéger les micro-organismes, de réduire l’érosion et d’augmenter la teneur en carbone du sol, améliorant ainsi la rétention d’eau et la fertilité à long terme.
7 – Importance of regenerative agriculture: climate, soil health, biodiversity and its socioecological impact | Discover Sustainability
Vue d’ensemble : la continuité de la durabilité agricole
Pour comparer de manière pertinente les différentes approches agricoles, il est utile de regarder au-delà des étiquettes et d’évaluer le fonctionnement des systèmes dans la pratique. Sept indicateurs clés permettent de déterminer la place d’une exploitation agricole sur l’échelle de la durabilité.
- Objectif principal : il reflète l’objectif principal du système agricole : privilégie-t-il les rendements à court terme, l’efficacité des intrants ou la restauration et l’amélioration à long terme des écosystèmes ?
- Dépendance des intrants : cet indicateur mesure la dépendance vis-à-vis d’intrants externes tels que les fertilisants synthétiques, les pesticides et les produits chimiques. Une faible dépendance est souvent le signe de systèmes plus autosuffisants et écologiquement intégrés.
- Gestion des sols: La manière dont les sols sont gérés au fil du temps a un impact direct sur leur fertilité, leur capacité de rétention d’eau, leur érosion et leur productivité. Des pratiques telles que le labour intensif, la gestion des résidus de culture et l’apport de matière organique jouent toutes un rôle à cet égard.
- Intégration de la biodiversité: La biodiversité peut être intégrée de manière accidentelle ou délibérée. La biodiversité fonctionnelle soutient les pollinisateurs, les organismes du sol, la lutte naturelle contre les ravageurs et les services écosystémiques qui soutiennent la production agricole.
- Stabilité des rendements et résilience climatique: cet indicateur mesure la capacité d’un système à maintenir ses rendements dans des conditions difficiles, telles que les sécheresses, les conditions météorologiques extrêmes ou les infestations de ravageurs. Les systèmes plus résilients sont mieux adaptés à la variabilité climatique.
- Connaissances et autonomie des agriculteurs: certains systèmes s’appuient fortement sur des recommandations et des apports externes, tandis que d’autres exigent une observation plus approfondie, une prise de décision et des connaissances locales de la part des agriculteurs.
- Résultats pour l’écosystème: cet indicateur examine l’impact environnemental global des pratiques agricoles, notamment les émissions de gaz à effet de serre, le stockage du carbone dans le sol, la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème.
Conclusion
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