2020, une année particulière

2020 restera une année tristement surprenante en termes d’utilisation de pesticides ! Le monitoring de nombreux sites périurbains et ruraux via le BeeOmonitoring, et ce dans plusieurs pays européens, nous a permis de déceler une forte augmentation du nombre et des concentrations de produits phytosanitaires. Les concentrations utilisées ont dans certains cas largement dépassé les limites maximales de résidus (LMR) autorisées par la Commission Européenne pour protéger la santé humaine et animale.

Que s’est-il passé en 2020 ?

 

Tendances

Le cas le plus sérieux est celui du captane, un fongicide utilisé sur les fruitiers, légumes et plantes ornementales contre le mildiou et la tavelure. Cette substance a été retrouvée à des taux alarmants, à un tel point qu’à la fin du printemps sa concentration dépassait sur un site 428 fois la LMR. Deux autres fongicides, la doguadine et le tebuconazole, utilisés sur les mêmes cibles et dans le même but que le captane étaient également présents sur plusieurs sites dans des doses bien au-dessus des LMR. Certaines substances ont été observées sur de nombreux sites mais dans des doses généralement plus raisonnables, comme les fongicides prothioconazole et fluopyram et les herbicides prosulfocarbe et aclonifen. Au total, plus de 100 substances ont été retrouvées lors des analyses de BeeOmonitoring de 2020, parmi lesquelles figurent même des pesticides interdits, tels que l’anthraquinone, un répulsif pour oiseaux, ou encore le chlorpyrifos-methyl, un insecticide, retrouvés à plusieurs endroits.

Mais alors que l’Union Européenne a des législations strictes sur son territoire, un rapport publié par Greenpeace UK et Public Eye révèle que chaque année, des pesticides interdits par l’Union Européenne continuent à être produits et exportés à l’étranger. Ces pesticides, tel que l’herbicide acétochlore et le fongicide carbendazime sont bannis en Europe dû à leur haute toxicité, et pourtant ce sont plus de 80.000 tonnes, sous la forme de 41 pesticides différents, qui ont été exportés en 2018 en toute légalité.

 

biodiversité photovoltaiques

Raisons

Les particularités de 2020 seraient en premier lieu dues aux maladies fongiques qui étaient précoces cette année et les nombreuses infections au printemps. Ensuite, à cause de la crise sanitaire du Covid 19, les prévisions météo étaient peu fiables. En effet, dû à la pandémie une partie importante des données utilisées dans les logiciels de prévisions n’étaient plus disponibles dans la mesure où la plupart des avions de ligne étaient à l’arrêt. Or ces avions sont équipés d’instruments météorologiques collectant des données qui alimentent les modèles. Ceci a dès lors généré l’application préventive et systématique de plus de traitements phytosanitaires au début du printemps afin de protéger les plantes des maladies fongiques.

 

Répercussions

La demande en pesticides fut tel que fin aout, 800 tonnes de produits phytosanitaires non conformes, provenant de Chine et d’Inde ont été saisi en Belgique alors qu’ils étaient destinés aux producteurs européens de fruits et légumes. Parmi ces substances se trouvaient notamment des substances comme le captane.

Des pesticides sont présents sur plus de 80 % des +50.000 ha de sites suivis par BeeOdiversity chaque année. C’est un chiffre alarmant, mais disposer de ces données constitue déjà une grande partie de la solution et permet d’engager les parties prenantes vers une transition.

Pour plus d’informations sur les alternatives à la lutte chimique et sur ce que BeeOdiversity met en œuvre pour la biodiversité, contactez-nous.

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